
Adressez vous à un de ces élégants bipèdes de la catégorie des humains et que la science commune a défini comme « jeunes ». Adressez vous donc à un de ces jeunes et demandez lui ce qu’il fait dans la vie. Vous vous rendrez compte que la catégorie des jeunes remplit l’unique tranche d’âge pour laquelle cette question est un dilemme cornélien. Si vous aviez posé cette simple question à un enfant, il vous aurait répondu qu’il s’amuse tout bêtement, si vous vous étiez adressé à un adulte, il vous aurait raconté son métier et les quelques activités qu’il pratique pendant son temps libre, si, enfin vous aviez interrogé un retraité, il vous aurait rétorqué qu’il n’avait plus vingt ans, et qu’à son âge, la préoccupation qui occupe sa vie consiste à préserver une vie à occuper. Il existe évidemment des exceptions qui viennent confirmer cette règle qui n’en est d’ailleurs pas une. il est en effet évident que j’évoque ici le cas général - entreprise pour laquelle j’ai bien entendu fait appel à un certains nombre de préjugés et d’idées reçues odieux et dignes de blâmes.
Toujours est-il que l’intérêt de ce paragraphe n’est que comparatif et qu’il est donc superflu de s’y attarder plus longtemps, car vous, cher lecteur, avec et malgré tout le respect que je vous dois, vous, dans votre extraordinaire inconscience et votre gargantuesque bêtise, vous avez décidé de poser cette question à un JEUNE.
Comme tout acte irréfléchi, le vôtre comporte des conséquences, celles-ci peuvent varier selon certains paramètres.
Si le scpécimène interrogé est un jeune de constitution cérébrale et physionomique normales, un jeune lambda en somme, et si votre élan interrogatoire s’est manifesté au moment ou l’individu traverse une période proche de la normalité, vous pourrez alors considérer son cas comme une généralité et élaborer des théories plus ou moins complexes sur l’ensemble des jeunes en extrapolant, grandissant, tronquant et déformant toutes les conclusions hâtives que vous aurez tirées à son sujet, et donc, au sujet des jeunes en général.
Admettons donc que votre question soit posée, à un jeune lambda dans une situation banale et des conditions normales. Les rouages cérébraux de l’individu se mettront donc en marche et vous aurez votre réponse. Il m’est impossible en tant que non-dieu de prévoir cette réponse. Pour connaître le nombre de réponses possibles, prenez, pour chaque jeune peuplant la surface terrestre, le nombre de personnes inconscientes comme vous leur ayant un jour posé la question, additionnez ensuite tous ces nombres. Dans la multitude océanique de ces réponses, si vous fouillez un petit moment, vous trouverez une plus petite multitude, un sous-groupe, ce sous groupe sera composé des réponses formulées contenant l’expression « j’écris ». Un réflexe quasiment automatique naît alors au bout de vos lèvres insouciantes, prononcez les, ces mots qui vous pendent comme un poids excessivement lourd qui n’attend que l’accord de votre prudente conscience pour s’envoler, allez-y.
-Qu’écris-tu donc ?
-Ce qui me passe par la tête…
"entreprise pour laquelle j’ai bien entendu fait appel à un certains nombre de préjugés et d’idées reçues odieux et dignes de blâmes."
Non, par ce que ce sont les préjugés ET les idées reçues qui sont odieux et dignes de blâmes. Pan. Dans tes dents Madelain.
Qu'est ce qu'un jeune lambda ? Personne n'est "lambda" mais quand bien mm...Qu'est ce qu'un periode normal ? des conditions normals ?Aucune periodes n'est banale aucune conditions normals chez un "ado de type lambda". On a tous un vie si palpitante qu'elle ne peut en aucun cas s'inscrire dans la normalité. J'aime bien ton texte peut etre parque c'est l'opposition mm des mieux. Et peut-etre par ce que je me reconnait ds le "jeune lambda"....