Posté le 21.10.2007 par Florian.
"Ils sont tant à la revendiquer et si peu à l'assumer..."
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Posté le 21.10.2007 par Florian.

L’esprit scientifique… on ose à peine l’évoquer, on l’associe sans peine à une junte mystique et indéfinie, armée de surhommes en blouse blanche dont on invoque les conclusions pour justifier nos propos. Qu’est-ce qu’un esprit scientifique ? C’est un esprit qui pense juste. Bien sur, la tendance actuelle est aux rêveurs et aux insouciants, qui se soucient moins de la justesse de ce qu’ils avancent que de l’image que cette opinion peut avoir. Toujours est-il que la pensée scientifique est à la base de toute pensée développable. Comment penser juste alors ? D’une part, il convient de partir de faits, de certitudes absolues. Voila la première limite de la pensée scientifique. Rien n’est certain, aucun raisonnement scientifique n’est en théorie possible. Prenez une pierre, par exemple. Lorsque vous demanderez au premier venu qu’adviendra t’il de cette pierre lorsque vous la lâcherez, il vous répondra évidemment que celle-ci tombera par terre. Or, qu’est-ce qu’un pierre ? Un amas de milliards de milliards de molécules, autour desquelles gravitent, dans l’air, d’autres milliards de milliards de molécules. Or, les molécules ont la propriété de se déplacer à vitesse constante aléatoirement. Il existe donc une probabilité dérisoire que la pierre, au lieu de tomber par terre, comme chaque homme l’a expérimenté, soit propulsée dans les airs, à la condition que le hasard fasse en sorte que toutes les molécules tangentes à cette pierre prennent, toutes en même temps, la direction du ciel. L’ultra-sctientifisme voudrait admettre que rien n’est certain, alors. La science se base donc, pour raisonner et conclure, non sur des certitudes, mais sur des probabilités. Enormes, certes, assez énormes pour qu’aucun homme ne soit jamais témoin d’aucune contradiction à la science. Mais il faut s’y faire, la science n’est pas exacte, puisqu’elle s’atèle à expliquer un monde qui n’est lui-même pas exact. Après la « certitude » des affirmations à partir desquelles il convient de raisonner, s’ajoute une méthode de raisonnement. Une méthode qui ne laisse aucune place à l’erreur. Aristote décrit cette méthode à travers le syllogisme. Ce système de pensée consiste à se baser sur deux affirmations, dans le but d’en tirer une troisième. Exemple simple : première affirmation ; Les hommes sont mortels. Fait indéniable, considéré par la totalité des scientifiques et philosophes comme une vérité. Seconde affirmation : Socrate est un Homme. Fait également admis par l’humanité. La conclusion serait donc : Socrate est mortel. Une amie m’a récemment souligné l’imperfection du syllogisme, du fait de son impossibilité à s’adapter au monde. Je lui rétorque aujourd’hui que si le syllogisme n’est pas adaptable au monde, c’est bien qu’il est trop parfait pour s’adapter à ce monde, incapable de lui offrir aucune affirmation digne d’être utilisée dans un raisonnement. C’est en ce sens que l’on découvre la beauté du système mathématique. Les mathématiques, c’est un monde parfait. C’est un monde ou toutes les vérités sont bel et bien des vérités, et non des quasi-certitudes.
Imaginons un instant que toutes les quasi-certitudes humaines soient des certitudes absolues et que tout Homme sur Terre soit capable d’un raisonnement « scientifique ». Ce serait alors la fin du monde tel que nous le connaissons. Ce serait la fin des différences d’opinions, puisque chacun suivant un mode de raisonnement identique à partir de certitudes identiques, chacun arrive au même résultat. Ce serait également la fin de certains mythes, je ne parle évidemment pas de contes et de religion, je parle de mythes actuels, comme celui de l’amour par exemple. L’amour est une notion qui reste inexpliquée, pourtant il fait partie des certitudes de nos vies. La scientisation du monde mettrait fin à l’amour, du moins tant qu’elle ne l’a pas expliqué. L’Homme n’est donc pas parfait, le monde n’est pas parfait. Et c’est tant mieux.
Posté le 19.10.2007 par Florian.
"Tout est relatif... sauf ça".
Posté le 19.10.2007 par Florian.
"L'intelligence n'est qu'une forme dévelopée de l'instinct".
Posté le 19.10.2007 par Florian.
Si Calliope me prête son éloquence épique,
Et si Clio me donne son savoir historique,
Si Erato m’inflige les tourments de son âme,
Et si Thalie me crie son jeu d’or et de flammes,
Si Euterpe me fait entendre ses sanglots,
Si Polymnie me clame la vérité des mots,
Si Uranie m’instruit l’art de l’univers,
Si Tepsychore me montre les pas que je dois faire,
Si Melpomène m’enseigne, la façon d’être triste.
Alors, et seulement, je serais un artiste.
N.B : Ce texte à des véléités, non pas de l'ordre de la poésie, mais du pense-bête.
Posté le 19.10.2007 par Florian.
Les derniers jours avaient été mornes, ternes. La monotonie parfaitement installée du quotidien n’avait rencontré aucun évènement qui fut susceptible de l’altérer un tant soit peu durant la semaine qui venait de s’écouler, c’est donc d’une humeur égale et triste que je me penchais sur mon travail, dos à la fenêtre. Les minutes s’écoulaient et la pénombre patiemment amenée par la tombée progressive du jour envahit peu à peu la chambre. Je fus donc contraint d’allumer ma lampe. Une lueur diffuse et chaleureuse emplit alors la pièce de son halo jaunâtre dont la familiarité conférait à la chambre une atmosphère chaude et douce.
Je profitais de ce répit intellectuel pour porter mon attention vers les éléments qui m’entouraient. Je n’avais pas réalisé que la pluie s’était mise en route. Elle était encore faible mais son martèlement à peine audible m’obligea à y porter un intérêt plus important. Le fin rideau qui estompait le paysage ne m’apparaissait qu’en récompense à une forte concentration oculaire. Je m’approchais de la fenêtre et déposait mon épaule contre le pan de mur rassurant, dernière frontière avec l’inconnu qui se mettait en place de l’autre côté. Tout, au dehors, à l’exception de ce faible hâle de bruine, me paraissait relativement habituel. Le bitume avait prit un léger teint brillant, les promeneurs avaient détourné leur chemin vers le faible abri des quelques arbres que l’automne avait privés de leur toison verdoyante. Mais rien ne semblait indiquer un quelconque bouleversement. L’ordre quotidien des choses ne paraissait pas considérer cette humidité comme une menace à son existence. Perdu quelques minutes dans mes songes, je n’avais pas réalisé que la pluie avait pris fortement d’intensité. Les ricochets hasardeux et rares des gouttelettes sur ma fenêtre avaient cédé leur place à des touches régulières et franches. Le bitume était à présent recouvert d’eau et le passage ponctuel d’une voiture de temps à autres en soulevait de plus en plus. A mesure que la pluie gagnait en intensité, le soir tombant se faisait de plus en plus sombre et menaçant. L’on distinguait difficilement la lune à travers l’épais voile de nuages noirs et sa timide lumière blanchâtre formait un mystérieux œil au centre de la nuit. Je me retournais vers ma chambre. L’atmosphère ténébreuse et orageuse qui régnait au dehors ne faisait que souligner la chaleur grandissante du lieu. Je scrutais chacun des objets, amassés au cour des années et qui avaient contribué à la formation du désordre organisé qui constituait en grande partie ma chambre. Il me semblât soudain que tous ces objets formaient une harmonie indescriptible et qui me paraissait si ancienne que je m’en voulais de ne l’avoir pas remarqué plus tôt. La douce lumière qui se propageait sur ces divers artéfacts et leur conférait à chacun un aspect commun, connu, doux. Ma chambre m’apparaissait alors comme un tout, un tout parfait, une entité familière et fermée, un havre de paix chaleureux et solitaire, au sein de l’orage extérieur dont la vigueur avait encore augmenté. On apercevait au loin les premiers éclairs, qui retentissaient dans mon âme, de plus un plus puissants et dont la lumière furtive m’emplissait les yeux de milliers d’étoiles. Les badauds, dorénavant, ne considéraient plus ce caprice du temps comme un simple contretemps anecdotique, mais ils se pliaient à sa volonté mystique et n’osaient plus se montrer qu’en cas d’extrême nécessité, accablés par des artifices dérisoires contre ce jugement divin. Dieu imposait son châtiment diluvien aux parisiens, et j’étais Noé. Et à mesure que la tempête brimait les faibles velléités humaines, mon arche, hermétique à toute attaque extérieure, et dont l’intensité de la douceur chaude qui y régnait rivalisait avec les plus grands caprices de la nature, bravait vents et marées. Le martèlement incessant des gouttes sur la vitre était bien loin de m’inquiéter, tandis que la noirceur ténébreuse de la nuit, amplifiée par l’épaisseur d’encre des nuages ne faisait que souligner la puissance de la lumière qui occupait ma chambre. Je me couchais alors, serein, et confiant quant à l’arrivée prochaine de la colombe blanche.
Posté le 19.10.2007 par Florian.
« L’argent ne fait pas le bonheur », nous répète le vieil adage. Pourtant, le cynique observant la société actuelle, conclut que l’argent est l’unique ambition de chaque homme et que l’âme humaine n’aspire qu’au mercantile espoir d’en amasser toujours plus. A supposer que la vérité se situe dans l’une et l’autre de ses parties, l’homme rechercherait alors un bien qui ne le mène pas au bonheur. Le bonheur est-il donc l’unique aspiration humaine ?
Il est certain qu’aucun homme ne refuserait d’être toute sa vie heureux. Mais va t’il pour autant s’entêter dans cet ultime objectif ? Peut être l’homme n’a-t-il d’ailleurs pas d’objectif. Auquel cas les efforts conjoints du cynique et du bon sens populaire donneraient tort à Yavhé, Allah et Dieu le Père. Peut-on parler de bon sens commun, alors, si celui-ci ne concerne que la partie du monde dérisoire qui n’a dans l’esprit aucune hallucination mystique ? Non.
Alors quel est le moteur de l’homme ? Quels sont les rouages qui s’enclenchent et donnent à l’humanité la force et la volonté de faire un pas en plus, contribution futile au frémissement imperceptible que constitue l’histoire de l’humanité ? L’Homme aspire t’il à un but ? L’humanité aspire t’elle à un but ?
Envisageons la possibilité que l’homme ne soit mu que par ses plaisirs immédiats. Quel carburant le pousserait alors à entreprendre ? A se restreindre ? Etablir un projet procure t’il un plaisir autre que celui qu’on éprouve à terme, lorsque le travail est accompli ? L’attente qu’instaure dans l’esprit l’aboutissement de ce plan, n’est-elle pas aussi jouissive que le sacre même de l’idée ? Le plaisir auquel est sujet le chasseur dont tous les sens en éveil contemplatif scrutent la nature n’est il pas plus intense et profond que la gloire vaine qui s’installe en lui à l’heure du couronnement ?
Y a-t-il une seule âme vagabonde dans ce monde qui soit capable d’affirmer avec certitude quelles sont ses espérances ultimes ? La soif de certitudes scientifiques me pousserait à interroger chaque représentant de l’humanité dans le seul but de répondre à cette question, si tant est que chaque représentant de l’humanité soit capable d’identifier ou non, l’existence ou non-existence de telles ambitions. Etant moi-même, de fait un représentant du genre humain et n’étant pas capable de répondre avec une certitude rigoureusement exacte à aucune des questions qui ne me seront jamais posées, celle-ci ne trouvera pas de réponse.
Posté le 19.10.2007 par Florian.

Adressez vous à un de ces élégants bipèdes de la catégorie des humains et que la science commune a défini comme « jeunes ». Adressez vous donc à un de ces jeunes et demandez lui ce qu’il fait dans la vie. Vous vous rendrez compte que la catégorie des jeunes remplit l’unique tranche d’âge pour laquelle cette question est un dilemme cornélien. Si vous aviez posé cette simple question à un enfant, il vous aurait répondu qu’il s’amuse tout bêtement, si vous vous étiez adressé à un adulte, il vous aurait raconté son métier et les quelques activités qu’il pratique pendant son temps libre, si, enfin vous aviez interrogé un retraité, il vous aurait rétorqué qu’il n’avait plus vingt ans, et qu’à son âge, la préoccupation qui occupe sa vie consiste à préserver une vie à occuper. Il existe évidemment des exceptions qui viennent confirmer cette règle qui n’en est d’ailleurs pas une. il est en effet évident que j’évoque ici le cas général - entreprise pour laquelle j’ai bien entendu fait appel à un certains nombre de préjugés et d’idées reçues odieux et dignes de blâmes.
Toujours est-il que l’intérêt de ce paragraphe n’est que comparatif et qu’il est donc superflu de s’y attarder plus longtemps, car vous, cher lecteur, avec et malgré tout le respect que je vous dois, vous, dans votre extraordinaire inconscience et votre gargantuesque bêtise, vous avez décidé de poser cette question à un JEUNE.
Comme tout acte irréfléchi, le vôtre comporte des conséquences, celles-ci peuvent varier selon certains paramètres.
Si le scpécimène interrogé est un jeune de constitution cérébrale et physionomique normales, un jeune lambda en somme, et si votre élan interrogatoire s’est manifesté au moment ou l’individu traverse une période proche de la normalité, vous pourrez alors considérer son cas comme une généralité et élaborer des théories plus ou moins complexes sur l’ensemble des jeunes en extrapolant, grandissant, tronquant et déformant toutes les conclusions hâtives que vous aurez tirées à son sujet, et donc, au sujet des jeunes en général.
Admettons donc que votre question soit posée, à un jeune lambda dans une situation banale et des conditions normales. Les rouages cérébraux de l’individu se mettront donc en marche et vous aurez votre réponse. Il m’est impossible en tant que non-dieu de prévoir cette réponse. Pour connaître le nombre de réponses possibles, prenez, pour chaque jeune peuplant la surface terrestre, le nombre de personnes inconscientes comme vous leur ayant un jour posé la question, additionnez ensuite tous ces nombres. Dans la multitude océanique de ces réponses, si vous fouillez un petit moment, vous trouverez une plus petite multitude, un sous-groupe, ce sous groupe sera composé des réponses formulées contenant l’expression « j’écris ». Un réflexe quasiment automatique naît alors au bout de vos lèvres insouciantes, prononcez les, ces mots qui vous pendent comme un poids excessivement lourd qui n’attend que l’accord de votre prudente conscience pour s’envoler, allez-y.
-Qu’écris-tu donc ?
-Ce qui me passe par la tête…