Si l'on devait mourir demain.
Posté le 23.11.2007 par Florian.
« Si l’on devait mourir demain. »
Qui ne s’est jamais, en son âme et conscience, posé la question ? A l’inverse qui s’est déjà réellement posé la question ? On fait, évidemment, un point sur sa vie. Qu’a-t on réellement vécu ? Que peut on retenir de notre vie ? Quels sont nos regrets ? Nos souvenirs ? De quoi peut-on se rappeler ? De quelles actions pourra t’on se targuer, une fois dans l’au-delà ? « On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas ou l’on va », d’après Rivarol. Comment un homme qui a passé toute sa vie à « aller de l’avant », peut il trouver la force d’avancer, maintenant qu’il sait ou il va ? La vie, c’est un édifice. Une tour. Durant la totalité du temps qui lui est imparti, l’ouvrier tente de bâtir sa tour. Il cherche et sélectionne tous les matériaux qu’il peut dénicher dans son entourage. Il les traite ensuite avec toute l’attention qu’il peut leur porter. Puis il les taille, les affine, les harmonise, les fait correspondre, les emboîte les uns dans les autres avec en tête un seul et unique but : la haut. Pourtant, plus la tour s’élève, plus le ciel semble s’éloigner. On imagine alors des plans grandioses, des idées phénoménales pour atteindre ce ciel qui nous semble si lointain. On entrevoit par moments un morceau d’azur à travers l’épaisse couche de nuages et cette partie de ciel nous donne la force de continuer sans cesse à bâtir toujours mieux, toujours plus haut. Par hâte, il nous arrive de précipiter la construction de l’édifice, pour atteindre encore plus tôt le bonheur qui semble si certain, en haut. Parfois, une tour trop sommairement bâtie par crainte de voir les cieux s’éloigner pour de bon, s’écroule. Comme cela semble beau, derrière les nuages, comme le monde semble parfait, là haut. Toutes les pensées sont tournées vers cet infini dont on scrute les frontières et dont on attrape quelques faibles rayonnements, source d’une énergie et d’une volonté. Aucun homme n’a jamais envisagé l’arrêt brutal de son entreprise. Aucun ne s’est jamais demandé ce qu’il ferait, une fois arrivé là haut. Personne ne se l’est jamais demandé, et personne n’y est jamais arrivé, là haut. Nous, matérialistes, impies, hérétiques, sceptiques et autres scientifiques, aspirons à un but qui n’a jamais été atteint par aucun d’entre nous.
Heureux, celui qui peut poser ses outils et s’asseoir en haut de sa tour. Heureux, l’homme qui a abandonné la course au bonheur. Heureux, celui qui a su s’arrêter et apprécier le paysage actuel, sous les nuages. Heureux n’est pas humain. Humain est celui qui poursuit un lendemain mystique sans cesse reporté au jour d’après. Humain est la victime de l’infinité de sa construction. Humain a toujours un avenir, un jour suivant promis par ce ciel vers lequel on semble tendre, désespérément. La mort d’Humain, c’est après-demain. Après le ciel. Humain n’est pas prêt à mourir avant d’avoir atteint le sommet de sa tour. Pourtant, il meurt toujours avant, bien avant que sa tour ne soit finie. La vie est une course infinie, et pourtant, un jour, elle est terminée.
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!!
Posté par
louveseule le 25.11.2007
un très beau texte, on quitte parfois ce monde sans avoir vraiment finit sa vie, on court on court, mais après quoi ?? je voudrais juste prendre le temps , bienvenue et amitié d'une louve,
Lien vers mon blogcours de frnacais
Posté par
matt le 01.12.2007
ah, cela me fait penser au cour de frnacais ou le rpof nous a dit qu'on pouvait mourir du jour au lendemin!
..tout traumatisé..
vrai
Posté par
Ioan le 09.01.2008
Il s'agit là d'une réflexion très complexe formulée dans un très beau texte.
La vie est en effet le plus grand mystère que l'homme ai eu à résoudre depuis son apparition.
A partir de quoi de qui d'où ... et surtout pourquoi ?
La vie ne nous apporte pas toujours satisfaction mais on s'accorde à la considérer comme la plus merveilleuse des choses.
Paradoxe plutôt étrange n'est ce pas ?
Une connaissance a actuellement au dessus de sa tête une épée de damoclès qui ne lui laisse qu'une éspérance de vie de 5 années tout au plus...
Elle se rend compte à présent qu'un mode de vie n'est pas à changer, même si nous en connaissons son avenir.
Sa joie est celle qu'elle obtenait lors de la pratique d'un avenir indécis, en somme aussi banal que celui de chacun d'entre nous; une joie qu'elle se force à réguler comme si elle vivait de la manière la plus commune possible.
Devant un drame tel que la mort, l'avenir le plus heureux est celui où l'on se voit inconsciement vivre pour toujours...
Toutes tes pensées sont justes et réfléchies.
C'est bel et bien face à la fin que l'homme en apprend le plus sur sa personne et gagne d'une manière spectaculaire en maturité.
J'éspère cependant que ce cas ne nous arrivera pas de si tôt ...
Lien vers mon blogmon cul ouai !
Posté par
LE Ioan le 18.03.2008
comment ça "Posté par Ioan le 09.01.2008" ?